
Le Vercors est bien plus qu’un massif montagneux : c’est un véritable territoire de mémoire, un lieu où l’histoire de la Résistance française s’ancre jusque dans la pierre. Ici, chaque ruelle, chaque stèle, chaque paysage raconte le courage de ceux qui ont choisi de se battre pour la liberté.
Dès 1942, ce territoire escarpé, partagé entre la Drôme et l’Isère, devient un refuge pour les maquisards. Son relief accidenté, difficile d’accès, en fait une forteresse naturelle idéale pour organiser la Résistance. Peu à peu, le maquis du Vercors se structure en une véritable “République libre”, symbole d’espoir et de défi face à l’occupation. Le projet « Montagnards », imaginé en lien avec le débarquement allié de 1944, témoigne de cette ambition immense.
Aujourd’hui, la mémoire de ces événements reste bien vivante. Elle se lit dans les pierres de Vassieux-en-Vercors, de La Chapelle-en-Vercors ou encore de Saint-Nizier-du-Moucherotte, mais aussi dans les récits passionnés d’historiens comme Gilles Vergnon ou Pierre-Louis Fillet. Cette épopée humaine, faite de bravoure et de drames, est retracée avec émotion dans les lieux de mémoire tels que le Musée départemental de la Résistance, où l’histoire continue de vibrer au fil des témoignages et des objets préservés.
Dans le Vercors, l’Histoire ne se visite pas seulement : elle se vit, au détour des chemins et des villages qui portent encore la mémoire de ces jours de lutte et d’espérance.
Contexte historique et géographique
Le Vercors, massif montagneux à cheval sur la Drôme et l’Isère, s’étend sur près de 135 000 hectares et forme une véritable forteresse naturelle, ceinte de falaises abruptes et de plateaux boisés. Cette géographie complexe, faite de crêtes, de vallons et de gorges, a longtemps isolé le massif des régions environnantes, facilitant ainsi l’organisation clandestine de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Le relief accidenté et difficile d’accès a offert un refuge idéal aux maquisards, qui y ont trouvé un terrain propice à la dissimulation et à la défense.
Administrativement, le massif se divise entre le Vercors traditionnel, situé dans la Drôme, et le Pays des Quatre Montagnes, dans l’Isère. Cette répartition géographique a influencé les dynamiques locales et la manière dont la résistance s’est structurée dans chaque secteur, en particulier dans les maquis du Vercors qui s’organisent parfois différemment selon les localités.
Le nom même de « Vercors » n’a été attribué à l’ensemble du massif qu’au XXe siècle, mais c’est surtout pendant la guerre que ce territoire est devenu un symbole national, porteur d’une histoire commune forgée dans l’adversité.
Maeva VolleLa nature du terrain, à la fois sauvage et stratégique, a joué un rôle déterminant dans le choix du Vercors comme base de la Résistance. Les villages comme Vassieux-en-Vercors, La Chapelle-en-Vercors ou Saint-Nizier sont devenus des lieux emblématiques de la lutte contre l’Occupation, où les montagnards ont accueilli et soutenu les maquisards. La Chapelle-en-Vercors, par exemple, reste un site fortement lié à la Résistance et conserve des traces indélébiles de cette période de l’histoire du Vercors dans la Drôme. Ce contexte géographique unique a permis la mise en place de réseaux de communication, de caches d’armes et de terrains d’atterrissage, comme celui de Vassieux, essentiel pour les parachutages alliés.
L’organisation de la Résistance dans le Vercors
La formation du maquis
La naissance du maquis du Vercors s’est faite progressivement, à partir de la fin 1942, lorsque le Service du travail obligatoire (STO) a poussé de nombreux jeunes à fuir l’occupation et à se réfugier dans le massif. Ces réfractaires, rejoints par des militants socialistes, des anciens soldats et des républicains, ont trouvé dans les maquis du Vercors un refuge propice à l’organisation clandestine.
Des groupes se sont formés, notamment autour du mouvement Franc-Tireur, avec des relais locaux dans des villages comme Villard de Lans, La Chapelle-en-Vercors ou Saint-Nizier. Rapidement, ces cellules se sont structurées, créant des camps de base et des réseaux de soutien, souvent animés par des figures emblématiques comme Eugène Chavant, Pierre Dalloz ou Aimé Pupin.
Le maquis s’est ensuite transformé en une véritable armée de montagne, avec l’arrivée de chefs militaires reconnus, tels que le commandant Huet, chef militaire du Vercors, et le chef d’état-major Jean-Paul Chanois. L’organisation s’est professionnalisée : les maquisards ont été regroupés en unités militaires, avec des bataillons de chasseurs alpins, un régiment de cuirassiers, et même une section de tirailleurs sénégalais libérés de la caserne de la Doua. Le port de l’uniforme, la discipline stricte et la reconnaissance des grades ont marqué la volonté de constituer une force régulière, prête à affronter l’ennemi.
Actions et opérations majeures
Le maquis du Vercors a mené de nombreuses actions pour perturber l’occupant, en lien avec les directives venues de Londres et du général de Gaulle. Parmi les opérations les plus marquantes, on retiendra le parachutage d’armes sur le plateau, notamment à Vassieux, qui a permis de renforcer l’arsenal des résistants. Le 3 juillet 1944, la proclamation de la République libre du Vercors a symbolisé l’ambition de restaurer la souveraineté française sur le territoire, avec la mise en place d’un Comité départemental de libération et la nomination d’un commissaire de la République pour la région.
Le plateau est devenu le théâtre de plusieurs affrontements, dont la célèbre bataille du Vercors en juillet 1944. L’opération allemande « Bettina », lancée le 21 juillet, a vu l’arrivée de près de 10 000 soldats allemands, déterminés à écraser le maquis. Malgré la bravoure des maquisards, dont certains figurent aujourd’hui sur la liste des maquisards du Vercors, la supériorité numérique et la puissance de feu ennemies ont conduit à la chute du Vercors, mais pas avant qu’ils n’aient mené de nombreuses embuscades et actions de harcèlement, comme celle à Lus-la-Croix-Haute le 10 juillet.
Ces combats, bien que tragiques, ont marqué l’histoire de la Résistance et laissé une empreinte indélébile dans la mémoire collective.
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drome paladroneLe symbole du Vercors dans la lutte contre l’Occupation
Le Plan Montagnards
Le Plan Montagnards est une initiative stratégique élaborée dès 1943, visant à faire du massif du Vercors une base solide de la Résistance capable d’accueillir des parachutistes alliés et de jouer un rôle majeur dans la libération de la France. Ce projet, porté notamment par Pierre Dalloz et Alain Le Ray, avait pour objectif de verrouiller les principaux accès au plateau, d’aménager des terrains d’atterrissage clandestins et de stocker des armes afin de préparer une action d’envergure sur les voies de communication allemandes.
Validé par Jean Moulin et repris par le général Delestraint, ce plan visait à créer une « forteresse » résistant durablement aux assauts ennemis et capable de lancer des opérations en liaison avec le débarquement allié en Provence.
Cependant, malgré son ambition et son soutien à Londres, le Plan Montagnards a souffert de moyens limités, d’un certain isolement et de difficultés à coordonner la Résistance locale. Il a cependant profondément marqué l’organisation du maquis et son implantation géographique, codifiant la défense du plateau et la stratégie militaire des maquisards du Vercors.
Le tragique été 1944
L’été 1944 fut une période tragique pour le maquis du Vercors et ses habitants. Suite au débarquement en Normandie, les maquisards se sont massivement mobilisés, renforçant aussi bien leurs effectifs que leurs positions. La proclamation symbolique de la République libre du Vercors traduit cette volonté de libération et de résistance ouverte.
Néanmoins, cette résistance victorienne a attiré l’attention des forces allemandes qui, du 21 juillet 1944, ont lancé l’opération « Bettina » pour écraser la rébellion.
Les troupes nazies, bien plus nombreuses et lourdement équipées, ont attaqué le plateau en s’appuyant sur l’aviation et les blindés. Les combats furent acharnés mais inégaux, provoquant la mort de plus de 600 maquisards et plus de 200 civils, femmes et enfants compris, ainsi que la destruction de nombreux villages, dont Vassieux-en-Vercors.
Dans ce contexte dramatique, le drame du porche de la grotte de la Luire marque l’un des épisodes les plus poignants de la répression. Un hôpital de fortune, installé là pour soigner les blessés, est découvert par les Allemands : plusieurs médecins, infirmières et résistants y sont exécutés ou déportés.
Ce tragique été 1944 a renforcé l’image du Vercors comme symbole de sacrifice et de résistance face à l’occupant allemand.
L’héritage et la mémoire
Rôle éducatif et commémoratif
Le Vercors n’a jamais cessé d’être un lieu de mémoire et de transmission. Aujourd’hui, des lieux emblématiques comme le Musée départemental de la Résistance à Vassieux-en-Vercors ou le Mémorial de la Résistance en Vercors offrent une immersion profonde dans l’histoire de la Résistance, notamment celle des maquisards du Vercors. Ces espaces, riches en objets, témoignages et archives, permettent de comprendre la réalité du quotidien des maquisards, des combats menés et des sacrifices consentis.
Des expositions temporaires, comme « Se relever, Vercors août 1944 – début 1947 », racontent aussi la difficile reconstruction du territoire après la guerre, mettant en lumière la résilience des populations locales.
Le rôle éducatif de ces lieux est essentiel : des circuits de visites adaptés aux scolaires, des projets pédagogiques menés par le Parc naturel régional du Vercors, et des animations culturelles permettent aux jeunes générations de découvrir l’histoire de la Résistance. Des initiatives comme la réalisation de sculptures en hommage aux résistants par des élèves de lycée illustrent cette volonté de perpétuer la mémoire et de valoriser l’engagement civique.
Le Vercors comme source d’inspiration
Le Vercors continue d’inspirer artistes, écrivains et citoyens. Il incarne la bravoure, la liberté et la solidarité, des valeurs qui résonnent encore aujourd’hui. Les monuments commémoratifs comme la Cour des Fusillés ou la Nécropole de Vassieux ainsi que les stelles dédiées aux résistants jalonnent le massif, invitant à la réflexion et à la reconnaissance.
Ce patrimoine vivant, façonné par l’histoire et la nature, encourage chacun à exercer son esprit critique et à devenir un acteur de la société de demain. Le Vercors, terre de résistance et de mémoire, reste un exemple universel de courage face à l’oppression.
Marchez sur les traces des Résistants et plongez dans l’Histoire avec les Chemins de la Liberté. Ce réseau invite à découvrir les hauts lieux de mémoire de la Résistance dans le Vercors, à travers des parcours chargés d’émotion et de symboles.
Coordonné par le Parc naturel régional du Vercors et animé par les communes et associations locales, il œuvre à faire vivre la mémoire et à transmettre les valeurs qui ont forgé l’esprit du Vercors : citoyenneté, engagement et solidarité.
Le Vercors, un massif chargé d’Histoire
Le Vercors demeure un symbole incontournable de la Résistance française, un massif où se sont conjugués la volonté d’indépendance, l’organisation militaire et le sacrifice humain. Son histoire, marquée par le maquis, les combats acharnés et la tragédie de l’été 1944, illustre la détermination des montagnards à défendre la liberté.
Aujourd’hui, cet héritage continue d’être transmis à travers les musées, les mémoriaux et l’éducation. Nous vous invitons à découvrir ce territoire, à visiter ses sites de mémoire et à perpétuer cette inspiration de courage face à l’oppression.

La recommandation de Nina
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le Musée de la Résistance et le Mémorial de la Résistance proposent une approche différente. Il est donc intéressant de les visiter tous les deux, pourquoi pas lors de deux journées différentes !
FAQ
Quelles caractéristiques géographiques du Vercors ont favorisé son rôle en tant que haut lieu de la Résistance ? Le Vercors, massif calcaire aux falaises verticales, hauts plateaux d’environ 1500 m et formait une « forteresse naturelle » difficile d’accès. Son relief escarpé, ses vastes forêts et son isolement géographique ont favorisé la clandestinité et la protection des résistants pendant la Seconde Guerre mondiale .
Quelles ont été les principales opérations militaires menées par les forces allemandes contre le maquis du Vercors ? Les principales opérations militaires allemandes contre le maquis du Vercors incluent l’opération « Bettina » débutée le 21 juillet 1944. Cette offensive majeure mobilisa près de 10 000 soldats sur quatre axes : au nord depuis Grenoble, à l’est via les cols du Trièves, aboutissant à la chute du plateau après trois jours de combats.
Une attaque aéroportée a surpris Vassieux, marquant la répression la plus massive contre la Résistance en Europe occidentale.
Comment la République libre du Vercors a-t-elle été organisée et quel a été son rôle dans la Résistance ? La République libre du Vercors, proclamée le 3 juillet 1944, fut une organisation résistante structurée en État avec services de contrôle, justice militaire, journaux et communications. Elle mobilisa 4 000 hommes en unités militaires disciplinées sous le commandement de François Huet, joua un rôle majeur en préparant la libération et en perturbant l’armée allemande.
Quel est l’impact historique et la mémoire collective liés à la Résistance dans le Vercors aujourd’hui ? La Résistance dans le Vercors est un symbole fort de courage et de sacrifice, marqué par la création de la République libre du Vercors en 1944 et une répression allemande sanglante. Aujourd’hui, la mémoire collective honore ces héros par des monuments, musées et commémorations, perpétuant leur combat pour la liberté.
Sur les traces des maquis

GTV à pied – Vassieux-en-Vercors – Font d’Urle
Matthieu LesieurLa Frache
M.Booth-Inspiration VercorsCol de Font Payanne
S&M Booth-Inspiration Vercors


















